Metro, opus pop pastel et sophistiqué étrangement passé inaperçu en 1976 (et ça ne s’est pas arrangé depuis) est d’une étonnante modernité. Seul David Bowie, homme de goût s’il en est, en avait remarqué toutes les qualités. Songwriting à quatre mains (Duncan Browne et Peter Godwin), voire à six quand l’excellent guitariste Sean Lyons contribue aussi à l’écriture. Richesse mélodique et harmonique, voix chic et mélancolique (quelque part entre Gerry Rafferty et David Sylvian), spleen on ne peut plus anglais réhaussé par une touche arty.
Formé à Londres en 1976, le groupe Metro est connu à double titre, pour la chanson « Criminal World » reprise et popularisée par David Bowie sur son album Let’s Dance et pour avoir abrité le guitariste Duncan Browne et le chanteur Peter Godwin.
De formation classique, Duncan Browne a étudié la composition et l’harmonie avec Anthony Bowles (London Academy of Music and Dramatic Art). Sa carrière musicale décolle en 1967 lorsqu’il rencontre Andrew Loog Oldham d’Immediate Records et sort l’année suivante son premier album solo, « Give Me Take You ».
Après un unique single en 1970 (« Resurrection Joe ») sur Bell Records, il refait surface en 1973 avec un album éponyme sur RAK. Entre 1974 et 75, il apparait sur les albums de Colin Blunstone, Stacy Dorning et Mike Heron’s Reputation.
Duncan Browne & Peter Godwin Metro
En 1973, Browne décide de passer à la guitare électrique, période pendant laquelle il rencontre Peter Godwin. Ensemble, ils travaillent pendant deux ans à Paris et Londres sur des titres chansons prototypiques, le son et le style de ce qui va devenir « Metro ».
Ainsi, le duo enregistre un premier album homonyme avec Sean Lyons et des musiciens de studio. Premier single du groupe, le titre « Criminal World » resté à la postérité, fut censuré par la BBC en raison de son contenu explicitement sexuel.
Criminal World n’est pas la seule perle de “Metro”. Precious, précieuse comme il faut, et Black Lace Shoulder, rêveuse et subtilement hispanisante, ou encore Paris, au refrain lumineux et accrocheur, mettent en valeur les talents de multi-instrumentistes du duo Browne-Godwin (guitares, piano, Moog, percussions, talk box…), sans parler de ceux de leurs musiciens invités : le violoniste Graham Preskett et la section rythmique composée du bassiste John Giblin et du batteur Simon Phillips (dix-neuf ans à l’époque), qui a rarement aussi bien joué sur un disque pop – cf. ses roulements félins et dansants dans Black Lace Shoulder.
L’opus est d’une grande richesse mélodique et harmonique, le son incroyablement moderne, les voix chics et mélancoliques, le tout d’un spleen on ne peut plus anglais réhaussé par une touche arty.
Metro enregistrera deux autres albums mais sans Duncan Browne, parti voguer solo. La formation prendra brièvement le nom de Public Zone et réalisera un simple intitulé « Naive » avec le batteur Stewart Copeland (futur The Police), qui déclinera l’invitation de se joindre de façon permanente. Trois nouveaux musiciens sont alors engagés par Peter Godwin et Sean Lyons pour les deux albums suivants, New Love (1979) et Future Imperfect (1980), réalisés avant la séparation de Metro.
Sources : www.muziq.fr – https://disquesobscurs.fr – www.sefronia.com – www.insyncnet.com – https://jazzrocksoul.com – www.allmusic.com
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CREDITS :
Enregistré à Londres en 1975 – Logo Records
- Peter Godwin – lead vocals, harmony vocals, backup vocals, choir, synthesizer, vocal arrangements
- Duncan Browne – harmony vocals, backup vocals, choir, guitar, 12-string guitar, Spanish guitar, keyboards, synthesizer, vibraphone, tambourine, handclaps, string arrangements, vocal arrangements; bass guitar (1)
- Sean Lyons – guitar, 12-string guitar, effects, string arrangements
- John Giblin – bass guitar
- Simon Phillips – drums, percussion, congas
- Graham Preskett – violin on « Black Lace Shoulder »
- Barry Husband – vocals on « Mono Messiah »
Technical
- Peter Sames – production
- Metro – art direction, arrangements, production
- Dave Grinsted – engineering
- Sanders – photography
- Bob Franks – art direction
- Paul Chave – design